Exils

Pour Ervin Neuhaus

 

Les pollens voyageurs et les oiseaux qui migrent,
Tout me pousse à l’exil qui n’est pas dans l’exil.
Le même paysage allume entre mes cils
Les Sporades, la Haute Egypte aux yeux de tigre,
Les cobalts du soir sur les schistes graciles.

Quand la nuit débarquait ses rumeurs sur l’atoll
Des idiomes chanteurs croisaient parmi les palmes
Et le vent proposait ses brèves paraboles
Aux requins bleus dormant à l’envers des eaux calmes.
Sur quel chemin de neige ont péri les symboles ?

Quand la nuit dépêchait ses longues caravanes
Beersheba s’allumait au cœur des sables mauves
Et la harpe mourait sur un air de pavane.
Tous les feux de l’exil éclairaient les savanes
Et la nuit des gisants recevait le ciel fauve.

Depuis, j’attends, au soir, les îles en partance.

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