Croisière

à Edwin Mullins

 

L’oiseau du carnage tourne dans l’étonnement de son propre vertige.
Après est déjà commencé et les matins de l’enfance s’apaisent vagues sur vagues.

Je fais le tour du monde je fais le tour de la vie
Entre deux halètements de ce navire qui va comme le destin vers une fabuleuse Afrique
Où la grenade dans l’incendie des feuilles
Eclate comme la mémoire morcelée.

D’ici c’est le ciel qui est terre dans son empierrement
La mer n’est que la mer battant entre les murs de l’horizon
La forge respirante la fugue du souffle
Et la mouette prédatrice n’annonce que la finalité de la terre.

Après était déjà commencé dans le désordre des laves açoréennes

Dans le bouillonnement vain de l’attente
Et le jour cassait comme un bambou
Et blessait la main qui voulait le saisir.

Venus de mer nous sommes les Grecs de la négritude
Les Pascuans de l’improbable.

Voilà restitués
La mer de lave les scintillements noirs de  l’obsidienne
La marguerite de pierre là-haut sur Ténériffe…
Tout cet espace tout ce temps trop vastes pour notre désir.

Et l’océan qui bat ici unique et inchangeable
Entre les parenthèses de l’instant
Ici et maintenant.

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