Pour un printemps

A Philippe Chabaneix

 

Je rêve de printemps dans les planètes mortes
De beautés momifiées dans les mondes perdus
Femmes lumineuses du premier matin du monde
Dont les baisers tristes sont sur ma bouche
Dont l’odeur de vent et de feuilles est sur mon corps
Je rêve d’autres femmes prisonnières du Temps
Qui attendent de naître dans les profondeurs mauves
De la Permanence encloses en des anneaux d’ombre
Et que berce l’ivresse des printemps à venir
Présent Passé Futur réseaux mystérieux
Dont les vagues échos se prolongent en rêve
Présent mort-né que mes mains ne peuvent cerner
Futur Femme lovée en des cercles d’oubli
Aujourd’hui dans Hier Demain dans Aujourd’hui
Je sens bruire en mes veines la sève de l’instant
Et je bois le souffle des aurores mouillées
Parvenu jusqu’à moi de quels printemps fossiles
Je rêve de printemps dans les planètes mortes…

Je rêve de déserts lourds de bruissements d’ailes
Où la sève engourdie figée en son mystère
Se souvient encore des saisons d’autrefois
Des symphonies de joie dans l’air éparpillé
De miracles anciens que la pierre éternise
Et je vois dans mon ciel le vert étonnement
De la première aurore du monde
Jaillie au-delà des collines bleues du temps
Comme une fulgurante gerbe de lumière.

Cycles après cycles Vie et Mort de toujours
Je vous revois ce soir les yeux écartelés
Entre hier et Demain trajectoires sans fin
Et je brasse moi ce témoin sans âge
De ma lucidité le mystère de vivre

Et je cerne en tremblant des printemps millénaires
Epars dans le silence où reviens toute chose.

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